La Couronnette
Barbara et Thierry Courvoisier
Mi-temps de notre séjour crétois
Le temps s’écoule doucement, la température devient agréable et les habitudes sont prises.

Nous menons une vie quelque peu monacale. Les journées de Barbara sont faites d’excursions vers des  lieux intéressants de notre environnement, qu’elle trouve parfois fermés, de tours en ville de Heraklion, de longues marches sur la plage, de lecture et de préparation de nos photos de voyage pour en faire un livre. Elle a pu visiter le musée de Kazantzakis, l’auteur de “Zorba le Grec”, que nous lisons les deux; un texte magnifique sur les hommes, la femme éternelle et Dieu. Que demander de plus à la littérature. Elle y a trouvé un DVD du film que nous avons regardé avec plaisir un soir dans notre chambre, alignés devant l’écran de son ordinateur. Elle trouve quelques contacts de gens qui se sont installés ici il y a longtemps, y ont développé des petites entreprises qui vendent des objets ou des excursions aux touristes et qui ont quelque peu perdu l’ardeur de leur jeunesse.


La plaine de Mesara au nord de Heraklion


Le village de Kazantzakis, Myrte.


La vie s'y écoule comme de tous temps, pense-t-on en voyant ces scènes.

Les bâtiments de l’Université au dessus de Heraklion frappent par le silence qui règne dans les corridors et les portes de bureaux fermées. Les contacts sont peu fréquents, c’est le moins que je puisse dire. Ceci me donne du temps pour écrire, ce qui tombe bien car j’ai plusieurs fers au feu et il semble que je doive rendre un manuscript en novembre pour qu’il soit publié au printemps prochain. Mes journées ressemblent un peu à celles du temps de l’écriture de ma thèse, le changement principal étant le remplacement de la machine à écrire mécanique d’alors par un ordinateur portable.

Nos week ends sont faits d’excursions, le dernier à Athènes.  Nous y fûmes chaleureusement reçu par Suzanne Krana de Mandach, une amie de très longue date de Barbara qui s'est établie ici et y a construit sa vie, et son mari Vangelis.  Je rencontrais a Athènes les organisateurs du congrès annuel de la société européenne d’astronomie  qui se tiendra ici début juillet. Tout semble indiquer que ce sera un bel événement rassemblant plus de 1000 collègues.

Le musée de l’Acropole, des architectes Bernard Tschumi (bien de chez nous) et  Michael Photiadis, est  absolument superbe. En faisant le tour du modèle  grandeur nature du Parthénon  qui y est présenté orné des éléments restés en Grèce, on ne peut s’empêcher de penser que les marbres maintenant au British museum devraient être rendus aux Grecs et exposées là. C'est en tout cas leur place naturelle et le musée, conçu pour les recevoir, leur ferait honneur. Nous avons assisté le soir à un concert de chansons.   Début à 23h dans une salle enfumée. Nous n’avons plus l’habitude. La musique était entrainante, même si elle paraît  un peu répétitive à nos oreilles qui ne comprennent pas la langue.


De la nature au marbre. Une sculpture dans le musée du Pathénon.

Les pinceaux sont sortis à Ammoudara, beaucoup s’échinent à rendre échoppes et tavernes pimpantes. Les environs de notre logement reprennent donc un peu de couleur et paraissent moins vétustes. Le soleil revenu et la température en hausse ajoute  aussi au bienêtre.


La rue principale d'Ammoudara se refait une beauté.

Les fins d’après-midi nous trouvent souvent marchant les pied dans l’eau le long de la plage à le recherche d’un endroit accueillant pour prendre une bière. Il y en a maintenant un ou deux. Il y en aura des dizaines dans quelques semaines. Nous sommes mieux maintenant…


Ammoudara se prépare à recevoir le tourisme estival.

En regardant des touristes prendre des photos nous avons constaté qu’à un rythme de quelques 30 photos par jour et par touriste, il se prend 100’000 photos par jour à Heraklion. mettant 5 Megabytes par photo, cela représente 5x10**11 bytes par jour. Si il y a 100 sites comme Heraklion en Grèce nous arrivons à 50 Terabytes par jour, ce qui correspond en quantité de données à ce que le satellite INTEGRAL produirait en 50 années d’exploitation. Et toutes ces photos ne sont pas du meilleure goût:


Au musée de l'Acropole

Rouler reste une expérience intéressante. Les routes pour aller de Ammoudara à l’université sont étroites et croiser y est parfois impossible. L’un de deux véhicules doit donc se ranger sur le côté pendant que le second avance lentement. Ces manoeuvres se font sans que jamais les regards des chauffeurs se croisent, sans un signe de l’un à l’autre. Les regards ne se croisent pas non plus entre piétons sur le trottoir, quand il y en a un. On mesure là combien notre habitude de regarder nos concitoyens dans les yeux à chaque occasion  et de saluer de parfaits inconnus croisés dans la rue d’un poli “bonjour”  doit pouvoir paraître surprenante pour nombre d’étrangers en visite.


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